Ingredients de nos cosmétiques

Post d’imy du 18 février 2015

En fait, les fabricants ont des obligations d’étiquetage :  cheers
http://www.sante.gouv.fr/comprendre-l-etiquetage-d-un-produit-cosmetique.html

Ce qu’il faut en retenir :
– les ingrédients sont (normalement) notés selon l’INCI : « International Nomenclature for Cosmetic Ingredients » … internationale … mais pas simple !…
—> les ingrédients doivent donc apparaitre en anglais … ou en latin … lecture compliquée assurée !!
– les ingrédients sont dans l’ordre décroissant de leur volume (ou de leur poids)
—> donc un produit cosmétique hors de prix dont la liste commence par « aqua » … est un produit pour lequel vous achetez de l’eau … au prix d’un très bon whisky … c’est ballot !
– les ingrédients en deçà de 1% peuvent être dans n’importe quel ordre (donc, le fabricant qui a mis 0.002 % d’huile essentielle de rose de damas dans son produit peut mettre “Rosa Damascena oil” avant un conservateur “buthylparaben” dosé à 0.99 % par exemple).
– les allergènes potentiels sont listés tout à la fin … mais ce ne sont pas des ingrédients, ce sont (le plus souvent) des composés allergènes d’ingrédients cités avant, dans la liste (exemple : geraniol, limonène) du coup, vous ne savez pas forcément quelle quantité il y en a, seulement qu’il y en a.

affraid  combat

Bon, pour s’en sortir :
– les noms latins désignent le plus souvent des ingrédients naturels (mais incompréhensibles :  « simmondsia chinensis oil » désigne l’huile pure de jojoba par exemple)
– les noms se terminant en « ate », « one », « ene », … sont plutôt d’origine non-naturelle (mais il y a des exceptions)
– les acronymes (EDTA, PEG, PPG, BHT, SLS, …) sont plutôt ceux qui ont un impact écologique et/ou toxique et/ou médiatique (le danger, c’est la dose !) … certains fabricants « malins », craignant que le public cherche le SLS (parce que le dernier « marie-claire » en parle … en mal …) écrivent « sodium laureth sulfate » … c’est la même chose mais ça se voit moins …
– les « parfums » et/ou « fragrances » sont généralement non-naturels, les « parfums naturels » sont en général obtenus avec des huiles essentielles donc inscrits en latin dans les ingrédients (donc non mis en valeur …)

pale  boulet

Bon, pour faire simple : c’est comme au restaurant : plus la liste est courte et … plus c’est « bon signe » !!  vache


 

Petite explication de Fab
l’oxyde de zinc : c’est évidement créé industriellement, ça se trouve dans pleiiiiiin de savons et pour cause ! Il me semble que ça permet de conserver la couleur blanche (ou d’essayer). Beaucoup de savons sans oxyde de zinc virent au gris et parfois au noir.
Pour relativiser, ça se trouve dans les crèmes solaires et même dans certains aliments.
On déconseille de s’en tartiner sur tout le corps mais on déconseille aussi l’alcool, le chocolat, le sel…

evernia prunastri : c’est de la mousse de chêne, des extraits évidemment. Classement par l’UE : « Entretien de la peau ».

– on obtient le citronellol en distillant des essences de citronnelle et de géranium. ll existe naturellement dans la noix de muscade et est utilisé en parfumerie. Je ne répèterai pas toujours ce dernier point, ça arrive souvent.

– le butylphenyl methylpropional c’est le Lillal dont parlait nicorinne. Il sert souvent d’agent masquant dans les savons/shampoings/produits de beauté, pour évincer une fragrance qu’on ne souhaite pas sentir dans le produit final.
Certaines personnes y sont allergiques, c’est connu.
Le produit en lui-même n’a rien de dangereux, toutes les huiles essentielles sont allergènes par exemple. Il y a simplement beaucoup plus de personnes allergiques au lillal qu’au romarin quoi.

l’hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde cette fois, c’est le Lyral. Il sert d’agent parfumant dans les cosmétiques et là encore c’est un allergène connu. On parle de 2 à 3% des patients testés, donc en extrapolant il n’y aurait que 3% du 3C qui ne supporterait pas ce savon.

A noter qu’il n’y a aucune restriction concernant le Lyral et le Lillal dans les cosmétiques. Des personnes y sont allergiques, c’est tout.

– la coumarine sert d’agent parfumant. Elle est présente dans plein de produits naturels comme la fève tonka, le maïs, la lavande vraie et même le céleri. Utilisée sous sa forme simple elle est censée dégager une odeur assez douce. On l’utilise souvent pour élaborer des fragrances de foin.

– le géraniol est un alcool terpénique insaturé (en gros un dérivé d’hydrocarbures produits par certaines plantes). Si vous voyez de l’huile de rose, dites vous qu’il la compose majoritairement. On l’utilise en parfumerie et même en répulsif à insectes suceurs de sang.
Il est aussi naturellement produit par les abeilles, sympa non ?

– Le limonène est un hydrocarbure terpénique (un hydrocarbure produit par certaines plantes) et le linalol est un alcool terpénique (comme plus haut, un dérivé d’hydrocarbure produit par certaines plantes).
On les dit tous deux très allergènes… mais l’étude tendant à le démontrer a beaucoup fait parler d’elle, et pas qu’en bien.

En vérité, et c’est important, toutes les HE sont susceptibles de provoquer des réactions allergiques, à condition d’être oxydées (grossièrement que la molécule se transforme au contact de l’air). Les étiquettes d’HE sont claires, on doit stocker son matos de manière adéquat sinon… poubelle (ou réaction cutanée, comme vous le sentez).
Quand on laisse ces deux produits s’oxyder, ça fait très mal au statistiques d’allergies effectivement. En revanche en dehors de ce cas, il n’y a pas tellement plus de problèmes qu’avec d’autres HE.
On oublie souvent que ces deux produits sont naturellement présents dans plusieurs HE, notamment les agrumes.
Si vous n’êtes pas allergique à l’HE de citron, il y a peu de chances que le limonène présent en faible quantité dans un bon produit vous crée de l’urticaire géant.

– la mention « parfum » indique ahma que les produits que je viens de citer servent d’agents parfumants.

vitis vinifera ici sera de l’huile de pépins de raisins.

– les kaolins sont des argiles blanches. On l’utilise en cosmétique, en médecine, et évidemment pour faire de la porcelaine =)
Plusieurs vertus leurs sont attribuées, ce qui rend les savons à l’argile blanche généralement adaptés aux peaux sensibles.

lacta asinus… vous l’aurez compris, le fameux lait d’ânesse qui est bio dans le cas présent.

Honey pour le miel, qui est bio lui aussi.

– le citrate de sodium est un mélange de soude et d’acide citrique qui sert d’émulsifiant dans les savons, mais qui peut servir de stabilisant et de correcteur d’acidité. Pour vous donner une idée, on en mange. C’est pas méchant.

– le glycérol qui nous permet d’avoir la peau douce parce que nous le valons bien. On peut en acheter des silos entiers en pharmacie sans papier du bon docteur. C’est pas méchant, ça a une odeur sucrée, ça lubrifie mais surtout ça a le bon gout de lier les lipides. C’est une bonne idée quand on a un produit plein d’HE n’est-ce pas ?

– le sodium cocoate est un acide gras de coco saponifié. Il a un rôle émulsifiant, nettoyant et tensioactif. En clair il permet de lier la phase huileuse et la phase aqueuse de la préparation.

– le sodium palmate a le même rôle. Il s’agit d’huile de palme saponifiée. L’huile de palme c’est ce que vous avez en grande quantité dans le Nutella.
On parle de désastre écologique mais attention. D’aucun pensent que l’huile de palme pollue plus que d’autres huiles et c’est faux. Le problème vient de la déforestation massive organisée par certains lobbies.

Bien ! Il me semble en avoir terminé avec cette étiquette. J’espère que tout le monde aura pu se rendre compte qu’il n’y a rien de dangereux pour la santé, en tout cas pas plus dangereux qu’une tablette de chocolat.
Comme pour tout produit cosmétique, il est suggéré de faire un test cutané avant de s’en coller partout. Les allergies ça arrive. Certains ne supportent pas le MdC, pourtant personne ne dit que c’est un savon tout pourri.


 

- Triéthanolamine Suspect Famille chimique: Amine tertiaire

Utilisation et sources d’émission: Fabrication de produits cosmétiques, solvant de produits organiques

L’exposition à ce produit ou à ses vapeurs peut causer l’irritation de la peau, des yeux et des voies respiratoires.
Suite au contact répété ou prolongé, ce produit exerce une action dégraissante sur la peau. Il peut causer des rougeurs, de la desquamation et des fissurations.